Comment se faire des amis passé 30 ans

Vous avez remarqué à quel point il devient de plus en plus difficile de se faire des amis à mesure qu’on grandit ? Quand on est tout petit, on peut jouer avec n’importe qui, on s’en fout, ça peut prendre 10sec pour se faire un nouveau copain. Et avec le temps, tout se complique. Il y a plusieurs explications à ça, sur lesquelles on va s’appuyer pour trouver des solutions.

 

Les différences enfant / adulte

Déjà quand on est gamin, on est en phase d’apprentissage du monde, et le monde on l’apprend à travers l’autre, on découvre ses limites, on joue. C’est inné, on n’a presque pas le choix que de jouer avec les autres. On a malheureusement tendance à perdre cette faculté d’émerveillement et de jeu en grandissant, c’est dommage et ça se travaille.

Ensuite, on a évidemment de moins en moins de temps libre à consacrer à la recherche de nouveaux amis, et à l’entretien de nos relations actuelles. Le boulot, l’appart à gérer, les factures, netflix… Vu qu’on doit composer avec tout ça, il va falloir faire en sorte d’être plus efficace dans ses méthodes de rencontres amicales.

Enfin, la plus grosse différence entre petits et grands, c’est que gamin on est un peu comme une page blanche. On arrive avec un bagage très limité d’expériences, de vécu, de souffrances, d’a priori. Les recherches les + récentes ont montré que notre cerveau, et notamment notre cortex préfrontal, continuait à se développer jusqu’à 25 ans. En gros, c’est la partie du cerveau qui régit les interactions les plus complexes, comme nos interactions sociales, nos prises de décisions, et une bonne partie de notre personnalité. Du coup, même si on continue évidemment à évoluer psychologiquement toute notre vie, on peut dire qu’à partir de 25 ans, on devient naturellement + « conservateur », notre personnalité est un peu + figée que jamais. Et quand on se retrouve projeté dans un nouvel environnement – qu’on change de ville, de boulot etc… – ou même qu’on veut simplement élargir notre réseau amical et social actuel, on est vite confronté à nos propres limites et à celles des autres.

Bref, quand on est petit on est comme de l’eau, on s’adapte à tous les récipients. A mesure qu’on vieillit on devient plus rigide… et c’est beaucoup plus compliqué de faire rentrer un parpaing dans un verre d’eau.

 

Multiplier les rencontres

Les coups de foudre amicaux, ça existe, vous en avez peut-être déjà connus. Genre ce mec ou cette nana avec qui vous passez une soirée incroyable, et boom c’est votre pote de la mort qui tue, c’était écrit dans les étoiles. Sauf que ça, c’est exceptionnel.

La plupart de nos amitiées se créent par itération, cela veut dire que l’on tend à devenir ami avec les gens que l’on voit plusieurs fois. Un exemple perso c’est celui du café. Quand je vais prendre mon café le matin dans un endroit nouveau, la proba que je me fasse un nouvel ami est très faible, mais en fréquentant ce café plusieurs fois par semaine pendant plusieurs mois, je vais devenir un habitué et me lier d’amitié avec d’autres habitués. C’est exactement ce qu’il m’est arrivé ou un seul lieu est devenu une source de rencontres et d’opportunités en tout genre.

Partez de ce principe et au lieu d’essayer de tester chaque fois de nouveau endroits et nouvelles activités, privilégiez les fréquentations régulières d’un même lieu, si possible avec une activité qui invite à communiquer un minimum. Raison pour laquelle la salle de sport est une fausse bonne idée.

 

Profiter de la capillarité amicale

Les amis de vos amis sont tous de potentiels amis, et c’est ce que j’ai choisi d’appeler ici la capillarité amicale. Un ou une de vos amis a forcément un cercle auquel vous n’avez pas eu accès, Jusqu’à présent les présentations n’ont pas été faites car ce sont des cercles qui ont des intérêts différent MAIS vous aurez probablement l’opportunité un jour de participer à un événement commun.

Ce sont des moments clefs qui vous permettent d’investir un tout nouveau réseau avec une grande facilité car par extension vous faites déjà partie de la tribu. Ne loupez pas ces moments clefs, même si parfois ils se présentent sous la forme de trucs un peu relou, comme d’aider à un déménagement ou un truc qui ne vous intéresse pas comme une soirée électro alors que vous êtes plutôt JJG. Bref le genre de truc auquel votre ami ne songerait même pas à vous convier.

L’avantage de la capillarité amicale, c’est que vous avez déjà une histoire commune à partir de laquelle entamer des discussions : l’ami qui vous relie ! On a toujours 2 / 3 anecdotes à partager autour d’un mauvais mojito trop sucré. Et ça nous amène très logiquement au conseil suivant.

 

Focaliser sur les points communs

Une fois que la barrière purement « logistique » de la rencontre a été dépassée, il y en a une nouvelle qui est sûrement plus difficile à grimper: se connecter.

Focalisez sur le ou les points qui vous rapprochent de l’autre, plutôt que sur ceux qui vous éloignent. Il faut comprendre que inconnu + opinion divergente, ça ne prend pas. En revanche si vous partagez la même activité, la même passion, la même opinion, que vous avez le même ennemi ou les mêmes travers, la même problématique, ça sera beaucoup plus simple de vous comprendre et de vous connecter. Le point auquel vous devez arriver c’est: “on est pareil lui et moi”. Et ça, c’est difficile d’y parvenir uniquement sur des goûts commun. Il faut que ce soit plus fort.

Parmi les amitiés célèbres qui illustre cette règle, il y a celle entre Chaplin et Winston Churchill, qui sont devenu amis parce qu’ils avaient tout deux depuis leur jeune âge des pensées suicidaires. Et oui, ça leur a permis de se comprendre et de se connecter. Ils ont alors fait un pacte et on juré de s’entraider quelle que soit la situation. Même si ce qui est commun entre vous et l’autre est quelque chose de douloureux… ça marche.

 

Suspendre son jugement

En science, on dit qu’il faut suspendre son jugement le temps d’une expérience, pour ne pas la fausser. En amitié, c’est pareil. Combien de fois vous avez rencontré une personne, en vous disant « quel sombre connard » au début, mais au final une fois passé l’a priori vous réalisez que cette personne est géniale ? C’est pourquoi il faut redoubler d’ouverture d’esprit avec nos futurs amis potentiels.

Quand vous aurez identifié des points communs et engagé des discussions sur des trucs que vous partagez, à mesure que l’échange avancera, il va se passer un truc quasiment inévitable : certaines remarques vont vous déplaire, certaines attitudes et réactions vous sembleront déplacées ou bizarres, et votre cerveau, ce GRAND inquisiteur, vous mettra des bâtons dans les roues en vous dépeignant une sale image de votre interlocuteur.

Mais il ne faut jamais oublier qu’on a tous notre « masque social » : en bref, on met certains côtés en avant qui n’ont rien à voir avec qui nous sommes vraiment, ni avec ce qu’on a vraiment à offrir. Et souvent, faire l’effort d’aller voir derrière le masque de l’autre sans s’arrêter à ce qui nous soule à première vue, c’est un superbe moyen de se faire de nouveaux bons amis. J’avoue que parfois c’est vraiment très très chaud, y’a des gens qui nous sortent par les yeux de prime abord, mais je vous jure ça vaut le coup d’essayer.

La seule limite, c’est celle que vous imposent vos valeurs les plus ancrées. Evidemment, si quelqu’un insulte votre famille et vous crache à la gueule au bout de 5mn d’interactions cordiales, c’est plus votre esprit que vous aurez envie d’ouvrir…

 

Entretenir ses amitiés

L’amitié, par définition, c’est durable, c’est pas un produit à usage unique. Jusqu’ici j’vous ai parlé de comment vous faire des « nouveaux amis », mais cette vidéo ne serait pas complète si j’abordais pas le sujet de « l’après rencontre », c’est-à-dire « comment rendre ces amitiés durables ». Une amitié, ça s’entretient comme une voiture, il faut la faire rouler.

Et en étant un « bon ami », vous verrez que d’autres rencontres viendront toutes seules, non seulement parce que vous serez en contact avec plus de monde par capillarité, mais aussi parce que tous vos amis actuels parleront de vous en bien. C’est automatique, un vrai cercle vertueux. Alors soyez à l’écoute de vos amis, identifiez leurs problèmes et tentez de les aider quand c’est possible, ou au moins d’être présent quand ils en ont besoin. Envoyez des messages de temps en temps. Ça vous coûte 30 secondes et ça fait méga plaisir. Même cet ami que vous adorez mais que vous n’avez pas vu depuis des mois ou des années : un message pour dire « coucou je pense à toi » ou « on se voit ? », ça vaut son pesant de cacahuètes, pour un effort minime.

Ah d’ailleurs, gros conseil : si vous tenez à telle ou telle amitié, évitez le fameux « on se boit un verre bientôt », et soyez direct et concret. En bref, proposez des dates, donnez vos dispos, proposez des activités, des lieux, soyez PRO-ACTIFS ET CONCRETS. Trop peu de gens le font, et c’est ça qui fait qu’on laisse des toiles d’araignées pousser entre nous. Le concret, le dur, le direct, c’est la vie.

 

Tout le monde ne peut pas être ton ami

Je vais rappeler un truc plutôt évident mais que certains ont tendance à oublier : tout le monde ne peut pas être ami avec tout le monde, et c’est pas grave ! C’est même plutôt une bonne nouvelle, ça veut dire que vous avez des valeurs et une personnalité. C’est pourquoi a mon sens le travail pour se faire des amis se situe vraiment en amont, sur ce qui permet la rencontre et le début de la connexion. Si ça marche pas avec quelqu’un, c’est la vie. Et c’est aussi l’occasion de gagner du temps et de l’énergie pour d’autres futurs amis.

Je vais citer Confucius, ça fait toujours classe : « L’expérience est une lanterne accrochée dans le dos, qui n’éclaire que le chemin parcouru ». Une personne qu’on ne connait pas encore, on aura tendance à vouloir la placer quelque part sur ce chemin parcouru : normal, on a chacun nos matrices de jugements, héritées de nos années d’expérience, de joies de déceptions etc. Mais c’est une erreur : en vérité, cet inconnu fait partie du chemin qu’il reste à parcourir, celui qui n’est pas encore éclairé.

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