Comment faire une présentation sans lire ses notes

J’ai assisté l’autre jour à une conférence ou l’intervenant a utilisé des notes. Malgré toute la sympathie que m’inspirait cette personne, j’ai eu un mal fou à suivre cette présentation car lire ses notes sur scène implique de rompre en permanence le lien avec votre public. Plusieurs fois par minute le flot est interrompu, le contact visuel est perdu et cette poignée de secondes durant laquelle le speaker charge le prochain paragraphe suffisent à l’attention des gens pour être happée par une notification sur leur écran de smartphone.

Cela m’a rappelé que j’ai été confronté au même problème puisque j’ai donné des tas de conférences – 👍🏻si t’étais là- au cours desquelles, notamment à mes débuts pour me rassurer, j’ai utilisé des notes. Les retours des personnes présentes ne mentent jamais: c’est bien mieux sans et j’ai du apprendre à m’en passer.

Le piège de travailler à l’écrit

On prend des notes généralement pour se rassurer au cas où on perdrait le fil en cours de route. Seulement voilà, lorsque l’on prépare une intervention et que l’on veut prendre des notes, on commence à travailler à l’écrit et forcément on se met à taper son texte au mot  près, exactement comme on aimerait qu’il sorte.

Il faut savoir que l’on est toujours plus malin à l’écrit qu’en direct, on se retrouve donc avec un matériel impossible à mémoriser car trop dense et dans un style souvent incompatible avec l’oral. La présentation devient alors un exercice d’équilibre permanent pour ne pas perdre le fil de son texte. Je vous promet qu’il est plus stressant de devoir chercher où l’on est dans son texte sans réussir à retrouver cette p****n de ligne qui, si elle n’est pas lue, fait perdre tout son sens au texte, qu’à évoluer en construisant ses phrases en direct.

Ne sous-estimez pas votre cerveau

La peur du public est glaçante et même quand vous avez l’habitude de parler devant plusieurs centaines de personnes, elle se transforme au mieux en vertige. Il est normal d’avoir peur, toutes les personnes qui font de la scène ont peur, ils apprennent simplement à faire avec, tout comme vous.

Cette peur naturelle ne doit pas vous faire sous-estimer votre cerveau. Vous êtes capable de former des phrases intelligibles lorsque vous discutez avec vos amis, cette fonctionnalité qu’est le langage ne va pas disparaitre subitement, ne cherchez pas à la remplacer par une feuille de papier. Vous remplacerez une chose peu coûteuse en temps de cerveau (formuler une phrase) par une chose plus complexe (la lire) ou encore plus complexe (s’en souvenir).

Votre mémoire en revanche, est faillible. Ne lui faites pas trop confiance, sauf si la présentation dure une quinzaine de minutes et que vous avez le temps de la répéter une dizaine de fois. Ce n’est donc pas un texte que vous devez retenir mais des idées. Certes, vous n’allez sans-doute pas punch-liner à chaque paragraphe, mais la forme devant un public est primordiale pour retenir l’attention et faire passer une idée d’un point A (votre cerveau) à un point B (le leur), c’est sur elle que vous devez vous concentrer pour que les gens vous suivent, et ça sera plus facile sans accéder en permanence à votre mémoire ou à votre feuille de papier. En improvisant, votre discours sera plus vrai, plus naturel, plus facile à assimiler.

Comment travailler une conférence

La première chose qui va vous garantir de faire une bonne présentation c’est le choix du matériel: parlez de ce que vous connaissez ! C’est con, mais c’est la chose la plus importante et la garantie de toujours savoir quoi dire et de ne pas vous faire descendre par la question d’un petit malin. On voit souvent ce genre de malaise chez les politiques qui, à cause de l’actualité, doivent jongler en urgence avec de nouveaux sujets qu’on suppose qu’ils maîtrisent, mais il ne sont que des humains et sorti des éléments de communications qu’ils ont appris par coeur, ils sont aussi paumés que vous.

Pour préparer votre présentation, faites une liste de quelques idées, elles doivent tenir en quelque mots et s’enchainer logiquement : c’est la structure de votre présentation que vous devez connaître par coeur. Chacun de ces points doit être suffisamment simple pour être traité en moins de dix minutes, un développement trop long vous ferait perdre l’attention.

C’est à l’oral que vous allez travailler et non à l’écrit. Même si à l’issue de cette répétition parlée vous n’avez pas la sensation d’avoir mémorisé un texte par coeur, vous aurez parcouru le chemin (et souffert en silence). Pour chaque idée il y aura sans doute un élément concret que vous voudrez que votre audience assimile et que vous devrez apprendre par coeur: un résultat, un exemple, une statistique ou une citation. Evitez de les multiplier, votre public ne peut de toute façon pas retenir une grande quantité d’informations.

Quand vous tenez votre structure, vous pouvez travailler sur les transitions. Ce sont des moments clefs ou vous relâchez le public et mobilisez à nouveau son attention pour la prochaine partie. Cela vous pouvez l’écrire mais vous devez le dire également, car encore une fois, c’est la forme qui prime et c’est seulement en la disant que vous saurez si votre phrase fonctionne et que vous pourrez vous l’approprier.

Parler en public c’est un domaine dans lequel on progresse à chaque expérience. Votre présentation ne sera jamais parfaite, surtout pas la première. Acceptez-le et soyez authentique.

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2 Commentaires
  • Kevin
    Posté à 14:49h, 28 décembre Répondre

    Entiérement d’accord, ceci dit pour être un orateur, il faut aussi travailler le language corporel 😉

    • Yann Piette
      Posté à 20:38h, 30 décembre Répondre

      Bien sûr Kévin, mais c’est plus facile à maîtriser que l’oral. La base : se tenir droit et occuper l’espace.

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