4 façon de renouer avec le bonheur (qui n’est jamais loin)

Dans cette vidéo on va parler de cette chose invisible que tout le monde cherche, le bonheur.  Quand on n’est pas heureux, ça ne veut pas forcément dire qu’on est malheureuxD’ailleurs la plupart d’entre nous, du moins je l’espère, ne sommes pas vraiment malheureux, on n’a pas de quoi se plaindre, on est vivant, en bonne santé, et pourtant on peut ressentir au fond de nous cette espèce de vide ou d’insatisfaction : on sait juste que l’on pourrait se sentir mieux et on se dit qu’il nous manque quelque chose. Voici 4 pistes pour renouer avec le bonheur, qui n’est jamais très loin. Vous pouvez regarder la vidéo, ou bien lire l’article juste en dessous.

L’accumulation des plaisirs ne mène pas forcément au bonheur

Dans le bouddhisme, on considère grosso modo qu’il faut renoncer à ses désirs, et aux plaisirs des sens, parce qu’ils sont aliénants et font barrière à notre bonheur. Mais je crois qu’on peut être heureux tout en prenant du plaisir, à condition de mettre ce plaisir au service du bonheur, de le consommer intelligemment.

Beaucoup de gens pensent à tort que le bonheur, c’est l’accumulation des plaisirs. C’est un peu l’idéal à l’américaine, avoir plein de thunes pour pouvoir s’offrir tous les plaisirs du monde en quantité illimitée, manger boire dormir, sexe drogue and rock’n’roll quoi. Pourtant, vous le pressentez, mener ce genre de vie est un aller sans retour vers la déchéance et la dépression, tout le contraire du bonheur quoi.

Le système du plaisir, c’est le système de la récompense, qui fonctionne à la dopamine. Quand on multiplie les plaisirs, on devient littéralement addict à la dopamine.  Il y a un phénomène d’accoutumance qui fait qu’on a besoin de toujours plus. 

Pour vous donner un exemple extrême, l’empereur romain Tibère après avoir accédé au trône, s’est mis à abuser des plaisirs sexuels à tel point qu’au bout d’un moment, il devait organiser des orgies toujours plus grande pour satisfaire ses sens. Triste.

Tout ça pour dire que notre système de récompense existe justement pour… nous récompenser. Pendant des millions d’années, nos ancêtres devaient se battre pour bouffer, se reproduire, dormir, se réchauffer, jouer etc… Donc toutes ces choses faisaient vraiment office de récompenses : ça provoquait la MOTIVATION, ce qui permettait d’agir et d’avancer. 

Mais quand on n’a plus besoin de se battre pour un truc, on ne mérite pas de récompense, et donc elle devient moins satisfaisante. C’est pourquoi il faut bien comprendre que le bonheur n’est pas l’abus de plaisir, et que le plaisir doit rester une récompense. Vous adorez la nourriture? Allez faire une séance de sport, et récompensez-vous avec un bon repas que votre corps va être content d’accueillir.  Essayez d’intégrer le plaisir au sein d’un système qui vous garde en bonne santé. 

Des plaisirs bien agencés vont vous permettre de vous sentir satisfait. S’injecter du plaisir en intraveineuse va saturer ce chemin d’accès vers la sensation de satisfaction.

J’ai envie d’insister sur un truc primordial pour notre époque : les réseaux sociaux aussi activent ce système de la récompense. Chaque like, chaque commentaire, chaque coup de doigt pour faire défiler ton feed ou pour swiper est un petit shoot de dopamine qui peut rendre totalement accro. Une véritable prison des temps modernes qui peut gravement nuire au bonheur. A ce sujet je vous conseille vivement la série de mini-documentaires « Dopamine » produite par Arte, qui traite précisément de ce sujet.

Le bonheur fuyard

On a vu que le bonheur, ce n’était pas l’accumulation de plaisirs. Mais c’est quoi alors ? Un truc qu’on doit pourchasser sans cesse ? 

On connait tous quelqu’un dans notre entourage qui pourchasse l’amour à tout prix, le grand amour, et quand cette personne croit l’avoir, ça finit toujours par lui glisser entre les doigts. Le bonheur c’est un peu comme l’amour, ceux qui mettent trop d’efforts à le rechercher sont tout le temps déçus, c’est comme chasser son ombre. « On reconnait le bonheur au bruit qu’il fait quand il s’en va », disait Jacques Prévert. 

Et pourtant ce bonheur on nous l’a pas du tout vendu comme un truc discret, invisible, mais plutôt comme un feu d’artifice. C’est le problème d’Hollywood et des contes de fées, qui véhiculent l’image d’un bonheur bien sucré, du vrai miel, un truc qu’on ne peut pas rater, on sait quand il est là parce qu’il ressemble à une vie comblée où plus rien ne peut nous atteindre. Mais je vous garanti que 2 mois de cette vie comblée vont finir par vous lasser.

A nous faire croire que ce bonheur parfait existe, on en vient à modifier les mauvais paramètres dans nos vies, parce que nos objectifs sont totalement irréalisables. On cherche des trucs impossibles : l’amour parfait, le job parfait, l’entourage parfait, pour fonder le petit foyer parfait. Et a la moindre frustration, soit on déprime et on se décourage, soit on recommence tout à zéro. Mais j’vous rassure, Cendrillon aussi elle a des factures à payer, des gosses qui chialent un peu trop, un Prince pas toujours charmant et le poids du temps qui passe.

Du coup, est-ce qu’il ne faudrait pas changer d’autres paramètres ? Par exemple, comprendre et accepter les frustrations, ouvrir son esprit pour s’adapter aux gens et aux situations, développer son sens de la gratitude pour saisir le bon côté des choses, essayer d’être honnête avec soi-même et les autres sans être un tyran, etc. 

Le philosophe Clément Rosset disait : « Être heureux, c’est toujours être heureux malgré tout. » Il était un véritable maître en désenchantement, et les contes de fées qu’on nous a vendus ont bien besoin d’être désenchantés. Mais faut pas voir ça comme une mauvaise chose, et lui-même dans ses livres nous le fait bien comprendre. Au contraire, l’idée selon Rosset c’est qu’il faut prendre l’existence dans sa simplicité et son idiotie, accepter le non-sens. Et pour aller plus loin, le Stoïcisme préconise que quand on se sent malheureux, il faut agir sur les choses qui sont à notre portée, et arrêter de se soucier des choses sur lesquelles on n’a aucun moyen d’action. S’il pleut, vous avez le choix de vous plaindre du temps, ou de prendre un parapluie pour aller vous balader. Je vous laisse deviner quelle solution contribuera le + à votre bonheur !

Arrête de faire ce qui te rend malheureux

Et puisqu’on parle d’action, il y a un phénomène que j’ai remarqué un paquet de fois dans mon métier : vous passez trop de temps à faire des choses que vous détestez. Arrêtez ! La dernière fois j’avais une cliente qui me disait qu’elle habitait trop loin de la ville pour faire des rencontres, et donc elle était malheureuse. Mais…. déménage ! Arrête de vivre dans un endroit qui te rend malheureuse. 

Pareil pour le boulot : combien détestent leur job, leurs collègues, leur boîte ? Arrêtez ! Et oui ça va demander de rechercher du taf ailleurs, oui le marché du travail est bouché, oui ça va être galère, oui il y’aura peut-être une période de chômage, oui il va même peut-être falloir reprendre des études et va falloir se serrer la ceinture. Mais une nouvelle fois, qu’est-ce qui est le + grave entre 

1) continuer dans une situation dont vous êtes SURS qu’elle vous rend malheureux, ou 

2) tenter autre chose, qui va demander du travail, et avec un risque que ça foire mais aussi une chance que ça réussisse ?

Bref on est souvent enfermés dans l’idée qu’il faut ajouter quelque chose à sa vie pour être heureux : ajouter de l’argent, de l’amour, du temps, des relations sociales, des activités etc… Alors que souvent c’est tout le contraire, il faut en enlever. Cherchez à enlever le stress, le bruit, la contrainte, le compliqué, le chiant, toutes les choses qui nuisent à votre qualité de vie. 

Comparez-vous à vous-même

Enfin, pour marcher vers le bonheur, c’est bien d’avoir une boussole quand même, qui nous indique qu’on est dans la bonne direction. Ça tombe bien, cette boussole, c’est vous-même, et plus précisément, les différentes versions de vous dans le temps. Et là j’en viens à un autre point crucial qui nous retient d’être heureux : on passe trop de temps à se comparer aux autres, ce qui n’a aucun sens. Une autre personne, c’est un autre contexte, une autre vie, d’autres valeurs, un autre passé, d’autres origines… Bref, la seule personne avec laquelle il vaut le coup de se comparer, c’est vous-même. 

C’est un peu ça, « devenir la meilleure version de soi-même ». Chaque année, il faut se comparer dans le temps et voir le chemin parcouru : c’est l’occasion de constater qu’on a fait de sacrées trottes sur certains sujets, et qu’on a encore des progrès à faire sur d’autres. Si j’me mets à la guitare aujourd’hui, dans 1 an je jouerai et je me comparerai au moi d’aujourd’hui en voyant tous les progrès que j’aurai faits, ainsi que tout ce sur quoi je peux encore travailler, et je serai à la fois heureux et motivé pour la suite. 

Si chaque année je me compare à Santana en me disant « quelle merde je suis », je suis mal barré (petite private joke pour les guitaristes, c’est cadeau). En plus d’être inutile, c’est carrément anxiogène de se comparer aux autres. 

Attention on va faire une grosse nuance s’inspirer des autres, c’est très positif. 

Voir le talent, voir ce qu’on peut tirer comme enseignement, c’est très différent de la comparaison pure et dure, celle qui te pousse à croire que tu es moins bien.  Là où le problème de la comparaison est encore plus vicieux, c’est que chacun de nous ne montre QUE ce qu’il veut montrer, alors qu’il y a évidemment une partie immergée de l’iceberg. 

C’est naïf de croire que la vie des gens s’arrête à ce qu’ils en montrent. Les réseaux sociaux ont rendu ce phénomène encore pire : c’est une autoroute vers l’anxiété et la dépression ! Si vous commencez à croire que cette nana au bord de sa piscine a la vie parfaite que vous rêveriez d’avoir, vous êtes à côté de la plaque. Vous devriez même vous méfier des gens qui passent beaucoup de temps à prouver qu’ils sont heureux, encore plus que de ceux qui ne disent rien. Jules Renard, 100 ans avant les réseaux sociaux, écrivait déjà : « Le bonheur, c’est être heureux ; ce n’est pas de faire croire aux autres qu’on l’est. »

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