Obligez les gens à vous respecter: 6 principes fondamentaux

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Charisme Développement personnel

Obligez les gens à vous respecter: 6 principes fondamentaux

Des situations de domination au travail, on en a tous et toutes vécues des tas. L’entreprise c’est un peu un games of thrones permanent : vous êtes face à des jeux de pouvoir constants, avec vos supérieurs hiérarchiques, avec vos collègues, avec vos clients.

Et d’ailleurs c’est pour ça que les vidéos sur le charisme sont aussi populaires sur internet : parce que la majorité des spectateurs passent plus de 35 heures par semaine au travail à se faire marcher sur les pieds ou à se faire dominer.

Maintenant, je veux que vous vous rendiez compte d’une chose : la plupart des conseils que vous allez trouver à droite à gauche pour vous faire respecter ne traitent que d’une partie du problème.

C’est-à-dire que ce sont des conseils qui vont se concentrer uniquement sur le non-verbal. Ils vont vous dire, regarder dans les yeux, se tenir droit, etc. Mais le problème c’est que le respect ça n’est absolument que du non-verbal. Le non verbal c’est capital mais ça n’est que le début.

Parce que la clef du respect c’est : ce que vous FAITES, ce que vous DITES, comment vous réagissez face à la provocation.

Aujourd’hui je vais aller droit au but : je vous donne 6 conseils fondamentaux avec des actions et des phrases concrètes à appliquer pour obliger vos collègues à vous respecter.

1er conseil : Respectez et faites respecter votre temps

 

Vous avez surement déjà entendu des conseils du type : « pour vous faire respecter il faut vous respecter vous-même ». Mais je pense que le problème d’un conseil comme ça, c’est qu’il est finalement assez flou : on ne comprend pas bien comment faire pour se respecter concrètement. Moi je pense que la clef fondamentale pour se respecter soi-même, c’est surtout de respecter son temps.

Votre temps c’est quelque chose d’extrêmement précieux, d’ailleurs c’est pas pour rien que votre employeur vous paye à l’heure. On va s’attarder ensemble sur un exemple de quelqu’un qui a la maitrise parfaite de son temps.

C’est Meryl Streep dans le film le diable s’habille en prada. Il y a une fameuse scène où Andréa, une jeune journaliste, qui vient passer un entretien d’embauche avec Miranda, rédactrice en chef très charismatique d’un grand magazine de mode. Ce qu’on voit dans cette scène, c’est que c’est Miranda qui décide quand l’interaction commence et quand elle se termine. Elle fait aussi autre chose pendant l’interaction, ce qui signale que son temps est précieux. Et on assiste d’ailleurs le moment où Andréa comprend ce qui est en train de se jouer. Il y un basculement dans cette scène, au moment où elle impose sa propre temporalité en prenant la parole. On voit que Miranda est surprise et s’arrête de faire autre chose. On voit dans ses yeux qu’elle respecte beaucoup plus Andréa après ça et d’ailleurs elle va finir l’embaucher.

Bon bien sur c’est un exemple extrême, mais que je trouve très révélateur. Pourquoi ?

Parce que qui frappe tout de suite quand on pense à ces collègues qui ne se font pas respecter, c’est que ce sont souvent des gens qui n’ont aucun respect pour leur temps personnel. Je m’explique. En fait la plupart des gens pensent que le manque de respect au travail va s’exprimer par des insultes. Mais en réalité PAS DU TOUT. Quelqu’un qui va vous manquer de respect au travail, c’est (dans je dirais… 85% des cas), quelqu’un qui ne va pas respecter votre temps.

On a tous eu ça, ce collègue qui vient se planter à votre bureau avec son café et qui vous sollicite, soit pour vous refiler du travail, soit pour vous demander un truc bidon juste parce qu’il s’ennuie. En faisant ça ce qu’il est en train de vous dire c’est :  » Ton temps n’est pas important. Tu ne mérites pas que je le respecte. » C’est capital que vous réagissiez de la bonne manière dans cette situation. Parce que ça va donner la couleur tout de suite. L’erreur que beaucoup font, c’est qu’ils arrêtent immédiatement ce qu’ils étaient en train de faire.

Je vais vous dire concrètement ce que vous allez lui répondre à ce collègue.

Vous prenez votre temps pour terminer ce que vous êtes en train d’écrire. Vous levez les yeux. Et vous lui dites la phrase suivante:

« Ah, tu as besoin de moi ? Je peux t’aider pour 2 choses : X et Y. Là je suis occupé, mais je peux te consacrer 20 minutes à 15h avant ma réunion. Si c’est ok pour toi on se retrouve à 15h ici. »

Je vais vous expliquer pourquoi cette phrase est redoutable. En fait face à quelqu’un qui souhaite s’accaparer votre temps il y a 4 étapes à suivre dans l’ordre.

  • 1ère étape : vous validez l’interaction.

Vous lui dites « Ah, tu as besoin de moi ? »

Ca va établir que vous êtes en train d’accorder de votre temps à la personne, que vous placez dans une situation de demande. Elle va se sentir redevable. Ca vous permet aussi de vous positionner comme quelqu’un qui apporte des solutions à des problèmes précis. Et pas quelqu’un qu’on va solliciter pour tout et n’importe quoi.

  • 2e étape : vous bornez votre participation pour éviter qu’on vous refile une montagne de travail.

Vous lui dites : « Je peux t’aider pour 2 taches, X et Y. »

  • 3e étape : vous imposez votre calendrier et bornez le temps

« Là je suis occupé, mais je peux te consacrer 20 minutes à 15h avant ma réunion. »

Cette étape je dirais presque que c’est la plus fondamentale : d’abord vous décalez la sollicitation. Ca va faire comprendre à votre collègue que votre bureau n’est pas l’auberge espagnole. Ensuite vous reprogrammez avec un temps limité par une autre obligation (en l’occurrence une réunion.) Ca va forcer votre collègue à aller droit au but et ça vous sauve des réunions qui n’en finissent pas.

  • 4e étape : vous obtenez l’assentiment de votre collègue.

C’est le « si c’est ok pour toi on se retrouve ici à 15h » que vous lâchez en le regardant droit dans les yeux avec un sourire.

 

2e conseil : Etablissez une frontière très stricte entre votre vie privée et votre vie professionnelle

Ces dernières années il y a 2 bouleversements majeurs qui brouillent ces frontières au travail :

  • 1er bouleversement : L’avènement du modèle de la start-up.

Le modèle de l’entreprise c’était un modèle très rigide où vous savez exactement : quel est votre rôle, quand est votre pause dej, quels sont vos droits, etc.

Mais le modèle de la start up c’est un modèle piégeux, parce que ça repose sur des interactions faussement friendly, faussement amicales. Par exemple des afterwork deux fois par semaine pour parler de sujets liés à la start up. Et en fait vous n’êtes pas payés pour, mais il y a une pression sociale qui rend ces évènements un peu obligatoires.

  • 2e bouleversement : Le télétravail et le confinement lié à la pandémie de 2020.

Le télétravail participe aussi à brouiller ces frontières entre vie privée et vie personnelle. Pourquoi ? Parce que vous êtes perpétuellement sur votre lieu de travail. Je vais vous dire ce que vous pouvez faire concrètement (et ça s’applique autant au télétravail qu’en entreprise). Ne vous rendez pas trop disponible par email ou par téléphone.

Concrètement ça veut dire 2 choses :

1ère chose : Ne répondez pas systématiquement aux emails dans la demi-seconde.

Si vous êtes quelqu’un qui ne supporte pas d’avoir des emails non traités dans sa boite de reception vous pouvez utiliser l’option « programmer l’email ». Vous programmez la réponse pour une demi-heure ou 1 heure plus tard.

2e chose : Vous devez vous fixer une règle stricte : N’envoyez jamais d’emails ou d’appels en dehors de votre temps de travail.

C’est particulièrement vrai pour les freelance qui travaillent de nuit sur leurs projets : si vous envoyez un email à 1h30 du matin vous envoyez des signaux assez négatifs, on a l’impression que vous n’avez pas de vie personnelle. Programmez l’email pour le lendemain 8h.

 

3e conseil : Ne vous infantilisez pas et ne vous justifiez pas

 

Le respect au travail dépend autant de ce que vous faites que de ce que vous ne faites pas. Donc là je vous donne quelque chose à NE SURTOUT PAS FAIRE : Ne demandez surtout pas la permission pour des choses qui sont évidentes ou acquises.

Un exemple typique que je vois tout le temps en tant qu’employeur : le stagiaire qui va demander la permission de partir alors que ses horaires de travail sont inscrits dans sa convention de stage. En fait il faut savoir que quand vous demandez la permission pour quelque chose d’évident, vous êtes en train de vous infantiliser face à votre manager. Ce que vous venez de faire en demandant la permission, c’est de lui octroyer un pouvoir de validation sur vos actions. Ca lui donne une marge de manœuvre en plus pour vous imposer des choses que vous n’avez pas à faire.

Du coup, autre conseil qui va avec celui-là : Ne vous justifiez jamais quand vous dites non. En vous justifiant vous vous placez dans la position d’un enfant pris la main dans le sac. Surtout vous entrez dans une phase de négociation alors que vous pouvez simplement dire non.

 

4e conseil : Reconnaissez vos torts sans vous dévaluer

Ca va peut être vous paraitre contre intuitif mais au travail, si vous savez reconnaitre vos torts de la bonne manière, ça va obliger vos collègues à vous respecter. Le passage de l’entretien récent d’Emmanuel Macron chez Brut est particulièrement révélateur de ça. Au début de l’entretien, on assiste à une situation qui s’envenime parce que les journalistes veulent faire dire à Macron l’expression « violences policières ». Lui, il refuse, parce qu’il préfère l’expression « violences des policiers ». Du coup la situation escalade, les journalistes sont ligués contre lui. Résultat : il perd complètement le contrôle de la situation.

Et là soudain il comprend ce qui est en train de se jouer, et décide de prononcer le terme. Analysons ensemble ce qu’il s’est passé: pourquoi Emmanuel Macron a perdu le contrôle ? Parce qu’il était crispé et ne voulait pas lâcher une miette aux journalistes. Ca leur a donné énormément d’emprise sur lui à ce moment-là. Quand il a fait un pas vers eux en nommant les choses, ça leur a enlevé toute prise sur lui.

Cette situation, elle est exactement transposable dans vos vies: Ca arrive tout le temps, au travail, une situation qui s’envenime parce quelqu’un a mal fait quelque chose et les autres essayent de le prendre en défaut. Ce que vous pouvez faire à ce moment-là, c’est reconnaitre les choses très calmement, sans vous excuser. Mais attention surtout ne vous dévaluez pas, ne vous aplatissez pas.

Quand vous reconnaissez vos torts avec élégance, ou que vous faires une concession au bon moment, ça enlève toute l’emprise que vos collègues ont sur vous, et ca va désescalader naturellement la situation.

 

 

5e conseil : Montrez que votre vie ne se limite pas à votre travail

 

C’est assez simple en fait: Si agissez comme si votre travail était tout ce qui compte dans votre vie, vous allez donner l’impression d’être quelqu’un de vide. L’inverse est aussi vrai :

Si vous semblez complètement blasé et désintéressé, vous renvoyez l’image de quelqu’un qui n’a pas la maitrise de sa vie, et qui s’est retrouve là car il n’a pas eu le choix.

 

Et enfin, dernier conseil : Calibrez-vous

 

C’est quelque chose qu’on ne dit pas assez : pour être respecté, il faut surtout que vous respectiez les autres. Si vous manquez d’intelligence sociale, si vous ne savez pas lire votre environnement, vous allez passer pour quelqu’un de décalé. Le mimétisme, la capacité à savoir exister en harmonie avec les autres, c’est le propre de l’intelligence.

Si le sujet du charisme vous intéresse, nous avons fait un cours sur ce sujet : Lien vers le cours

 

 

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