Comment improviser comme Jonathan Cohen

Jonathan Cohen
Charisme Confiance en soi

Comment improviser comme Jonathan Cohen

Qui est Jonathan Cohen ? Si vous n’habitez pas une grotte et que vous avez internet, vous avez forcément entendu parler de Jonathan Cohen, aka JoCo. C’est un comédien français qui, depuis moins d’une dizaine d’années, a complètement explosé en notoriété. Il s’est fait réellement connaître du grand public dans bloqué avec son personnage de Serge le Mytho où il a pu mettre en lumière son impressionnante capacité d’improvisation.
Le personnage était tellement réussi qu’il a obtenu sa propre série.

Jonathan Cohen, c’est ça :


Les gens le reconnaissent pour sa capacité hors norme à improviser mais également à être captivant et extrêmement drôle lorsqu’il raconte ses anecdotes. Et s’il y a bien une chose qu’il nous démontre, c’est que ce n’est pas le contenu d’une anecdote qui la rend drôle c’est sa façon de la raconter.

J’en veux pour preuve l’anecdote du chat Claude (cf. vidéo ci-dessus). Le matériel de base est très pauvre. « C’est un chat qui sort le soir, se bat avec d’autres chat et revient balafré chez son maître. » Mais, il transforme ça en une anecdote hilarante. Comment fait-il ?
Dans cet article, je vais décrypter avec vous le story-telling de Jo-Co. Je ne vais pas tellement parler de sa capacité d’improvisation dans cette vidéo car c’est un art à part entière. On va plutôt essayer de dégager les grandes caractéristiques de sa narration pour que vous puissiez, vous aussi, faire sensation aux repas de familles ou entre amis.

1 – Une narration engagée


J’entends par narration engagée une façon de raconter vivante, vibrante. Il donne de lui même et met une forte intensité dans sa manière de raconter. Il incarne ses anecdotes et c’est ce qui vous attrape, c’est ce qui retient votre attention. Ça il l’a probablement appris dans ses cours de théâtre et d’improvisation. Mais ça ne veut pas dire que c’est impossible à reproduire.

Je ne vais pas décrire tous les éléments de l’expression orale de Jo-Co, car ça prendrait un temps fou, mais j’ai relevé deux choses qu’il fait particulièrement bien :

  • La première chose c’est sa prosodie. J’entends par Prosodie l’ensemble des caractéristiques de son expression orale. Comme par exemple le volume de la voix, son timbre, l’intonation ou encore les changements de rythme de son élocution. C’est ce qui rend les émotions et les intentions que vous essayez de faire passer plus intelligibles à vos interlocuteurs. En somme, c’est ce qui permet à ceux qui l’écoutent de se connecter avec lui, de s’identifier. Dans les extraits, son élocution incarne parfaitement l’émotion qu’il veut partager. L’émotion dans l’extrait (3’06 – 3’29), c’est le désarroi, l’impuissance. Pour ça, il prend une voix tremblante, chevrotante. On comprend très bien à quel point les personnages de son histoire (en l’occurrence lui et ses amis) étaient désemparés face à la situation.
    C’est ce que vous devez viser quand vous racontez une anecdote. Et ça demande de l’engagement, car vous devez mimer un état émotionnel dans lequel vous n’êtes pas forcément sur le moment.
  • La deuxième chose, c’est son expressivité faciale :
    Il est particulièrement communicatif avec ses expressions faciales et ses gestes. Tout ça fait partie de son discours et donne une vie à l’anecdote en plus de renforcer l’effet comique en appuyant, en surjouant une émotion. Il y a des acteurs de référence dans ce domaine dont vous pouvez vous inspirer : Leonardo Di Caprio, Jim Carrey, Jean Dujardin, Robert De Niro, José Garcia. Ils ont en commun cette capacité à transmettre des émotions simplement avec leurs expressions faciales. C’est une chose que vous pouvez facilement implémenter dans vos anecdotes.

2 – Des descriptions riches et imagées


Une des clés du succès du story-telling de Jo-co, c’est sa capacité à stimuler l’imagination de ceux qui l’écoutent. De telle sorte qu’ils se disent “ah ouais c’est vrai, je m’imagine vraiment à sa place” et qu’ils se refont la scène dans leur tête. Et ça, ça passe par l’utilisation d’un vocabulaire riche, mais surtout imagé. Car plus vous vous appliquez dans vos descriptions, plus cela demande un effort actif de visualisation et renforce l’immersion dans l’histoire de vos auditeurs.

Dans cet extrait (5’16 – 5’23) il fait la description physique du chat après la bagarre. On imagine parfaitement l’état lamentable du chat.
De plus, il met assez rapidement en place le contexte, l’enjeu et les points de tension de son histoire (5’33 – 6’18). Cette mise en contexte est importante pour rendre l’histoire captivante. On doit assez vite comprendre ce qui rend son trip aux États-Unis périlleux.
C’est :
– sa mauvaise maîtrise de la langue,
– le peu d’argent qu’il a pour survivre pendant plusieurs mois,
– sa difficulté à trouver un travail sans passeport américain,
Une bonne anecdote, vous l’avez compris, c’est une anecdote où les personnages sont face à un enjeu. Veillez bien à toujours avoir cette structure en tête : une description initiale de la situation, les difficultés rencontrées, et une chute. D’ailleurs, ça n’est pas obligé de bien se terminer, une histoire qui termine mal peut avoir son lot de surprise et de choses drôles dignes d’être racontées.


3 – Maîtrise de l’absurde


Dans ce dernier point, je vais vous parler de ce qui rend le story-telling de Jo-Co si savoureux. Il s’agit de son utilisation du registre de l’absurde. Quand vous racontez une anecdote, vous avez en réalité une très grande liberté et ça Jo-Co l’a bien compris. Une anecdote, ça n’a pas à être 100% fidèle à la réalité, vous pouvez l’agrémenter de détails invraisemblables pour la rendre plus captivante et plus drôle.


4 – Incarner ses personnages


Une façon efficace d’appuyer sur le côté absurde d’une situation c’est d’incarner les personnages de vos anecdotes. Au lieu d’utiliser la 3ème personne du singulier, il se met souvent à leur place en utilisant le “je”. Il quitte un instant sa posture de narrateur pour caricaturer ses personnages et ça fonctionne à merveille comme à (7’42 – 7’50) ou encore quand il incarne les chats dans l’anecdote de chat Claude (7’54 – 8’00). Ici le côté absurde est encore plus renforcé par le fait qu’il incarne chat Claude comme si c’était un humain, c’est une figure de style qu’on appelle l’anthropomorphisme. Il mime l’expression faciale d’un mec bourré complètement déboussolé.

Pour appliquer ça à vos histoires, vous devez relever et mettre en exergue un élément remarquable de vos personnages et l’implémenter dans votre story-telling :
– ça peut être un accent,
– un tique de langage,
– une démarche/une bizarrerie du personnage,

Conclusion

Je vous conseille de ne pas trop vous éparpiller en anecdotes.
Choisissez en 2 ou 3 que vous allez répéter, travailler et améliorer. Il vaut mieux un petit répertoire, mais un répertoire efficace.

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